Critères ASAS-SPARTAN révisés pour les SpA axiales
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- Mis à jour le 5 octobre 2026
Nouveaux critères ASAS–SPARTAN de classification de la spondyloarthrite axiale : plus simples et plus spécifiques
Les critères ASAS de 2009 ont profondément modifié la classification de la spondyloarthrite axiale (axSpA), notamment en permettant de reconnaître les formes non radiographiques. Leur principale limite est cependant une spécificité imparfaite, particulièrement problématique dans une population où les lombalgies sont extrêmement fréquentes.
Pour améliorer cette spécificité, l’ASAS et le réseau nord-américain SPARTAN ont développé de nouveaux critères à partir de l’étude internationale CLASSIC (Classification of Axial Spondyloarthritis Inception Cohort).
Pourquoi modifier les critères ASAS 2009 ?
Les critères ASAS 2009 reposaient sur deux voies :
-
un bras imagerie : sacro-iliite à l’imagerie + au moins un élément de SpA ;
-
un bras clinique : HLA-B27 positif + au moins deux éléments de SpA.
Cette approche avait une bonne sensibilité, mais une spécificité insuffisante dans certaines populations.
L’objectif des nouveaux critères ASAS–SPARTAN était donc clairement défini : conserver une sensibilité ≥75 %, tout en obtenant une spécificité ≥90 %.
L’étude CLASSIC a inclus 1 015 patients provenant de 61 centres dans 27 pays, adressés à un rhumatologue pour une lombalgie chronique non diagnostiquée évocatrice de SpA axiale.
Première règle : à qui appliquer les critères ?
Les critères s'appliquent chez un patient :
✓ ayant une lombalgie depuis ≥3 mois
✓ dont le début des symptômes est survenu avant 45 ans
✓ après exclusion d'un diagnostic alternatif expliquant mieux les symptômes
Il s’agit surtout de critères de classification et non de critères diagnostiques. Le diagnostic de SpA axiale reste fondé sur l’évaluation globale du rhumatologue.
Un changement majeur : désormais, on compte des points
Les nouveaux critères abandonnent la logique classique des deux bras au profit d’un score pondéré.
| Élément | Points |
|---|---|
| IRM des sacro-iliaques indicative d’axSpA | 8 |
| Sacro-iliite radiographique selon les critères de New York modifiés | 7 |
| HLA-B27 positif | 4 |
| Lombalgie inflammatoire selon l’évaluation du clinicien | 3 |
| Arthrite périphérique | 1 |
| Maladie inflammatoire chronique de l’intestin | 1 |
| Uvéite antérieure aiguë | 1 |
| Enthésite du talon | 1 |
| CRP >5 mg/L | 1 |
| Psoriasis | 1 |
Le chiffre à retenir : 11 points
Le patient est classé comme ayant une SpA axiale si le score est ≥11 points, sous réserve des conditions d'entrée précédentes.
Un autre élément important est qu'un patient ne peut pas être classé en l'absence à la fois d'anomalie d'imagerie compatible et de HLA-B27.
Quelques exemples pour comprendre rapidement
Exemple 1
IRM typique = 8 points
-
lombalgie inflammatoire = 3 points
Total = 11 → critère rempli
Exemple 2
Sacro-iliite radiographique = 7 points
-
HLA-B27 = 4 points
Total = 11 → critère rempli
Exemple 3
HLA-B27 = 4 points
-
lombalgie inflammatoire = 3 points
-
uvéite = 1 point
-
MICI = 1 point
Total = 9 → critère non rempli
Ainsi, contrairement aux critères ASAS 2009, la simple association HLA-B27 + deux manifestations de SpA ne suffit généralement plus.
Pourquoi l’imagerie prend-elle autant de poids ?
C’est probablement le changement conceptuel le plus important.
Dans CLASSIC, l’IRM des sacro-iliaques indicative d’une SpA axiale, prenant en compte globalement les lésions inflammatoires et structurelles, était la variable la plus fortement associée au diagnostic final du rhumatologue.
Elle reçoit donc 8 points, contre 4 seulement pour le HLA-B27.
Cette évolution est importante car une IRM ne doit plus être réduite à la seule recherche d’un œdème médullaire osseux. Les lésions structurelles participent également à l’interprétation globale de l’examen.
Certains anciens critères disparaissent
Les nouveaux critères sont également plus restrictifs sur les manifestations cliniques prises en compte.
Plusieurs éléments présents dans les critères ASAS 2009 ne figurent plus dans le nouveau score, notamment :
-
la bonne réponse aux AINS ;
-
les antécédents familiaux de SpA ;
-
la dactylite.
À l'inverse, l'élévation de la CRP est conservée dans le modèle final.
L’objectif est de privilégier les variables ayant la meilleure capacité discriminante plutôt que d’additionner de nombreux signes relativement peu spécifiques.
Les nouveaux critères sont-ils réellement meilleurs ?
Dans la cohorte de validation CLASSIC :
Sensibilité : 79,5 %
Spécificité : 90,4 %
Le principal objectif a donc été atteint : augmenter la spécificité au prix d'une diminution modérée de la sensibilité.
Les premières validations indépendantes publiées ou présentées en 2026 vont dans le même sens.
Dans la cohorte européenne SPACE, consacrée aux formes précoces, les nouveaux critères ont confirmé une spécificité élevée mais une sensibilité plus modeste.
De même, leur évaluation dans des populations présentant un psoriasis, une uvéite ou une MICI a montré une augmentation importante de la spécificité par rapport aux critères ASAS 2009.
Cette meilleure spécificité pourrait cependant conduire à ne pas classer certains patients ayant une SpA axiale précoce, notamment lorsque l'imagerie est encore négative.
En pratique : que faut-il retenir ?
1. Les nouveaux critères ASAS–SPARTAN sont des critères de classification, pas des critères diagnostiques.
2. Ils concernent les patients ayant une lombalgie ≥3 mois débutant avant 45 ans.
3. On ne raisonne plus en « bras imagerie » et « bras HLA-B27 » : on additionne des points.
4. Le seuil de classification est ≥11 points.
5. L’imagerie devient l’élément majeur : IRM = 8 points ; radiographie = 7 points.
6. Le HLA-B27 reste important mais ne vaut que 4 points.
7. La lombalgie inflammatoire vaut 3 points.
8. Les autres manifestations retenues ne valent qu’un point chacune.
9. L’objectif principal est une meilleure spécificité et donc une diminution des faux positifs.
Le message essentiel
Les critères ASAS–SPARTAN marquent un changement de philosophie : moins de critères cliniques peu spécifiques, davantage de poids accordé à l’imagerie, et un système pondéré visant avant tout une classification plus spécifique de la SpA axiale.
Cette meilleure spécificité est particulièrement intéressante pour les essais cliniques et les cohortes. Elle ne doit toutefois pas conduire à transformer ces critères de classification en outil diagnostique : un patient peut avoir une SpA axiale sans atteindre 11 points.
Références
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Maksymowych WP, et al. The Assessments in Spondyloarthritis International Society (ASAS) and Spondyloarthritis Research and Treatment Network (SPARTAN) Revised Classification Criteria for Axial Spondyloarthritis: Development and Validation in the Classification of Axial SpA Inception Cohort Study. Arthritis Rheumatol. 2025;77(Suppl 9). Abstract 0854.
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de Bruin L, Ramiro S, van Lunteren M, et al. High specificity but modest sensitivity of the 2025 ASAS-SPARTAN revised axial spondyloarthritis classification criteria in early axial spondyloarthritis: data from the SPACE cohort. EULAR 2026; Abstract OP0239.
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Rai A, Oliva M, Giorgi Rossi P, et al. Performance of the proposed ASAS/SPARTAN classification criteria in a cohort of patients with acute anterior uveitis and newly diagnosed axial spondyloarthritis. Joint Bone Spine. 2026;93(6):106112. doi:10.1016/j.jbspin.2026.106112.
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Wichuk S, Horbal N, Carmona R, et al. Performance of the ASAS-SPARTAN 2025 Revised Classification Criteria for Axial Spondyloarthritis in a Multicenter Inception Cohort with Psoriasis, Uveitis, or Colitis Presenting with Undiagnosed Back Pain. Arthritis Rheumatol. 2026;78(Suppl 9).
